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« La journée appartient à ceux qui se lèvent tôt », un dicton que tout le monde connait. Mais voilà, aujourd’hui la science nous apprend que les lève-tôt seraient des gens plus productifs au travail. Mais alors, s’il on n’est pas du matin, on a raté notre vie ? Rassurez-vous, cette théorie ne serait valable que pour une partie d’entre nous, 50% de la population étant à priori ni de droite ni de gauche, mais des centristes endormis. Néanmoins, un sur quatre d’entre nous seraient des lève-tôt et un autre sur quatre des noctambules, les uns influencés par la partie gauche du cerveau, plus analytiques et coopératifs, les autres par la partie droite, plus imaginatifs et individualistes.

De nombreuses études ont démontré également que les matinaux sont plus persistants, autonomes et agréables, sachant se fixer des objectifs plus élevés, planifier leur avenir, ressentir un sentiment de bien-être plus profond, se passer plus facilement de cigarettes, d’alcool ou encore être moins déprimés. Nous sommes ici totalement dans l’éloge des lève-tôt !

Lève-tôt et couche-tard trouble du sommeil wellness

Équilibrons alors la donne, car les noctambules auraient tendance à avoir de meilleurs résultats au niveau de la mémoire, de la vitesse de traitement et des capacités cognitives, quand bien même ils seraient sollicités le matin. Plus ouverts aux nouvelles expériences, ils peuvent se montrer plus créatifs parfois, tout aussi sains et sages que les matinaux et un peu plus riches même.

Ne stigmatisons pas les matinaux en PDG en puissance ni les noctambules ou les couche-tard en artistes ou génies qui s’ignorent, car nos heures de sommeil cachent visiblement encore une belle part de mystère. Katharina Wulff – biologiste à l’Université d’Oxford – étudie la chronobiologie et le sommeil. Elle explique que lorsque les gens se sentent libres de dormir et de se réveiller selon un rythme naturel, ils sont plus productifs et leur capacité intellectuelle serait renforcée. Forcer cette nature les rendrait évidemment moins performants et moins à l’aise dans leur baskets. Réveillé trop tôt, un noctambule continuera encore à produire de la mélatonine. Le pousser à basculer en mode Jour peut avoir à la longue des conséquences physiologiques négatives sur lui, comme une sensibilité différente à l’insuline et au glucose qui pourrait entraîner, par exemple, une prise de poids.

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Être du matin ou du soir ne relèverait pas non plus du hasard. Il suffirait de se tourner vers ses parents et l’on constaterait que notre sommeil est, pour 47% d’entre nous, un héritage de naissance conditionné dès notre plus jeune âge par un chronotype, une sorte d’horloge interne d’origine biologique qui va influencer notre mode de sommeil durant toute notre vie. Des chercheurs ont même découvert que les rythmes circadiens des cellules humaines in vitro sont en corrélation avec les rythmes des personnes dont elles ont été prélevées. Un facteur génétique semble être la longueur du cycle circadien des humains qui ont en moyenne une horloge de 24,2 heures. Autant dire qu’à chacun d’entre nous le soin de régler le curseur où il veut pour trouver sont meilleur rythme sur 24 heures. À noter que pour les noctambules, l’horloge tourne plus longtemps, ce qui signifie que sans signaux externes de changement, ils s’endormiront et se lèveront de plus en tard avec le temps. Si jusqu’à 20 ans ont peu constater un pic en faveur des lèvent-tard, tout bascule vers 50 ans, comme si une revanche à prendre sur la journée avait sonné la charge…

Mais la corrélation n’est pas une causalité comme on le sait. Nous, les lève-tôt, lorsque le réveil vibre pour aller à l’école à 8h00 ou au bureau, une combinaison de changements biologiques et de nos hormones à la température corporelle nous permettra de décoller plus facilement et de prendre une longueur d’avance sur nos pairs noctambules. Alignés vite fait bien fait sur notre journée de travail, on sera naturellement poussé à en faire plus. Les oiseaux de nuit, eux, réveillés de façon insolente à 7h du matin, déambuleront dans un corps encore endormi et ne seront donc pas aussi spontanément partant pour produire beaucoup en un rien de temps. C’est ici qu’ils vont en revanche déployer des stratagèmes d’innovation pour faire face aux événements malgré ce faux départ. Ils se montreront alors plus créatifs en effet et boosteront ainsi leurs compétences cognitives.

Changer le chronotype de quelqu’un par la force des choses ne changera pas nécessairement ses traits de caractère. On ne contraint pas un couche-tard à être de bonne humeur le matin au réveil sous prétexte qui devra se lever tôt, car sa nature est un composant intrinsèque du chronotype tardif. Neta Ram-Vlasov – de l’Université de Haïfa – a découvert que les personnes plus créatives visuellement avaient plus de troubles du sommeil, comme des nuits en dents de scie ou perturbées par des insomnies. « Il existe un gène récepteur de la dopamine qui a été précédemment associé à la fois à une créativité accrue, à l’insomnie et aux troubles du sommeil », conclue-t-elle…

Et sinon, vous, vous êtes plutôt couche-tard ou lève-tôt ?

 

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